A+ A A-

[Q magasine] Coldplay: il y a une lumière au bout du tunnel [1/2]

Chris Martin ne semble pas quelqu’un de tourmenté par son côté obscure, mais son divorce d’avec Gwyneth Paltrow a embarqué Coldplay dans un détour introspectif. Niall Doherty a passé six mois a esquivé les copains célèbres de Martin à New York et Londres pour savoir comment lui et sa bande ont retrouvé leur rythme.

N’abandonne jamais. C’est le meilleur conseil que le père de Chris Martin lui ait donné et une phrase que le chanteur de Coldplay se répète souvent à lui-même. Il le dit quand il regarde les informations et qu’il se demande s’il y a trop de mauvaises choses dans le monde qui ont besoin d’être réparées, ou lorsqu’il court, ou pour se rappeler à lui-même qu’il y a des gens qui ont des idées géniales qui peuvent aider à rendre la vie meilleure.

Il a eu raison de creuser en lui ces dernières années. Lorsque Coldplay était au milieu de sa tournée mondiale pour soutenir l’album Mylo Xyloto sorti en 2011, ce qui aurait dû être un moment de gloire pour le chanteur s’est transformé en période de doute de soi et de tourmente. Il s’est séparé de Gwyneth Paltrow sa femme depuis 12 ans, et il finissait ses journées dans une méditation floue. Les mêmes questions revenaient : est-ce que sa vie était de jouer dans des venues de plus en plus grandes et d’avoir des plus gros hits et c’était tout ? Pourquoi se réveillait-il en se sentant faible après les explosifs moments forts de la veille ? Comment pouvait-il se justifier d’être dans un groupe alors qu’il y a de plus graves problèmes dans le monde ? Il était fatigué de fuir ses problèmes. Il était temps d’y faire face.

Nord de Londres, juin 2014. C’est une très belle journée d’été dehors mais trois membres de Coldplay sont éparpillés autour d’Air Studios. Le guitariste Jonny Buckland et le bassiste Guy Berryman sont à l’étage dans la salle de contrôle à écouter le travail d’hier. Le batteur Will Champion est en train de déjeuner à la cantine du studio. Ils sont en vue de la ligne d’arrivée de leur septième album, intitulé A Head Full Of Dreams, et il y a du buzz dans l’air. Cela a été une longue période d’enregistrement pour le quartet. Leur sixième album Ghost Stories est sorti en mai 2014 suivi d’une poignée de concerts. Un mois après, ils étaient de retour dans le studio pour débuter le prochain album.

Le manque de tournée était un geste délibéré. Ghost Stories est arrivé deux mois après que Martin et Paltrow aient publié une déclaration annonçant leur « conscient ‘découplage’ (conscious uncoupling) » et les chansons reflètent un état d’esprit de rupture. C’était un album de Coldplay sans aucune astuce de Coldplay. Pas de grandiloquence, pas de grand refrain, pas de feu d’artifice. Il était lent et réfléchi, un album qui semblait non seulement parler de rupture mais aussi écrit au milieu d’une rupture. Cela sonnait blessé. « Il y a eu des moments où on se sentait très protecteurs envers Chris », dit Buckland, assis dans une salle à part dans le studio. « Il a mis beaucoup de lui-même dans ces chansons », concède Champion. « Je ne l’envie pas d’être le chanteur ».

Ghost Stories a été une expérience cathartique pour Chris Martin. « Cet album est à propos d’atteindre la lumière au bout du tunnel, voir à travers quelque chose et ne pas le fuir ». dit-il, assis au soleil à l’extérieur du studio. Il est arrivé ici directement de la salle de gym et il semble convenablement gonflé à bloc. Martin pense que si Ghost Stories était tendre la corde de l’arc, A Head Full Of Dreams est la libération de celle-ci. Il est une présence vivante. Quand il sourit, son sourire parait aussi large que celui sur sa casquette. Il est extrêmement sympathique, comme le genre de type qui pourrait commencer à faire des high five aux inconnus dans la rue. Pour un groupe qui a passé leur plus grande partie en studio pendant deux ans, tout est remarquablement serein et positif. Personne ne devient fou.
Peut-être que le changement constant de pays contribue à garder les choses fraiches. Martin habite à Los Angeles maintenant, pour être près de ses enfants, Apple 11 ans et Moses 9 ans, et le reste du groupe vit au Royaume Uni. L’enregistrement est divisé en blocs de deux semaines ici et là-bas.

A Head Full Of Dreams est produit et co-écrit par le duo de production Stargate, les serviables norvégiens Mikkel Storlee Eriksen et Tor Erik Hermansen. La paire est derrière un flot de succès par des stars mondiales comme Katy Perry, Rihanna et Beyoncé, et la collaboration est venue après que Martin ait été en studio avec eux pour écrire une chanson pour Rihanna. Cela ne s’est pas concrétisé, mais il a tellement apprécié l’expérience qu’il les a ramené pour des sessions tests avec le groupe. « J’étais nerveux à propos de Guy et Will disant que c’est trop pop, » dit-il. « Mais ils se sont très bien entendus avec Tor et Mikkel. C’est marier ces deux mondes, souvent de deux salles différentes. »

Martin voit le nouvel album comme la fin d’un chapitre pour le groupe, son point de vue étant que le spectre des couleurs a sept couleurs et c’est leur septième album, finissant leur premier spectre. Certains des groupes préférés de Coldplay ont cristallisés leurs idées à ce point-là, que ce soit Achtung Baby de U2 ou Out Of Time de REM. Il pense qu’ils sont sur le point de compléter leur grand travail. « Si tu penses au voyage de Leo Messi, de jouer dans la cour de récré à mettre ses crampons avant la finale de la Ligue des Champions, c’est où nous en sommes. « raconte-t-il. Il met sa main dans sa poche et tend un badge avec « LOVE » inscrit dessus. « Tu fais partie du gang maintenant, » dit-il, donnant à Q un amical rappel que c’est un secret qu’ils travaillent sur un nouvel album. Il retourne dans le studio. Il a un enregistrement à finir.

chris

"Je me sens tellement béni. Je suis dans un groupe que j'aime vraiment." Chris Martin

New York, septembre 2015. Chris Martin est coincé dans le trafic à Manhattan. Il est assis à l’arrière d’une voiture et regarde Just A Little Bit Of Your Heart de la sensation pop venant de Floride Ariana Grande sur YouTube, portant une attention particulière aux accords car dans un peu plus d’une heure il va la jouer pour 60 000 fans avec Grande le rejoignant pour la chanter. Aujourd’hui, Central Park accueille le Global Citizen Festival, un évènement de sensibilisation sur le Projet Global contre la Pauvreté. Martin est le directeur artistique et Coldplay vont ouvrir le concert, suivi de Ed Sheean, Beyoncé et Pearl Jam. Il y aura aussi des discours de Bono, Leonardo DiCaprio et Michelle Obama entre autres.

Les coulisses du Global Citizen c’est comme être immergé dans une version théâtre de Men In Black. La présence d’Obama et du vice-président Joe Biden signifie que l’usuelle sécurité du festival c’est-à-dire des gars un peu ronds en tunique a été remplacé par une lourde présence d’agents des services secrets. Martin arrive et disparait dans la loge du groupe, où il a 40 minutes pour répéter la chanson avec Grande. « Nous avons coupé un petit morceau, » dit Phil Harvey, le sociable « cinquième membre » du groupe et co-manager.

Pendant que Martin se prépare avec Grande, ses acolytes tournent en rond. Champion prend une chaise à l’extérieur de la loge, regarde l’animation et l’agitation autour de l’ouverture des portes. Berryman se sent nerveux du premier grand concert du groupe depuis un moment. Les jours comme ça sont un contraste frappant avec la vie domestique du bassiste. Il a déménagé de Londres quelques années auparavant. Maintenant il vit dans le Gloucestershire et passe son temps libre à restaurer des vieilles voitures.

Juste avant de monter sur scène, Coldplay ont un meet & greet à mener. Ils émergent avec leur nouvelle tenue de scène, un look post-apocalyptique éco-guerrier. Une calme concentration est gravée sur le visage de Chris Martin pendant qu’il sert les mains des fans et sourit pour les photos et le groupe est emmené vers la scène. Ils attendent sur le côté pour faire leur entrée et Jonny Buckland remarque quelque chose d’étrange : deux des roadies de Coldplay remplacent un piano. « Ah, merde, » se dit le guitariste à lui-même. Bill le directeur de production de Coldplay s’approche. Un compte à rebours géant est déjà en cours et le concert est à quelques secondes du début. « Hum, aucun des pianos ne fonctionne, » dit Bill. Trois des chansons de la setlist requièrent un piano : Paradise, Clocks et la reprise d’Ariana Grande que Chris a appris seulement il y a 10 minutes environ. La panique se répand dans le groupe et Martin prend le contrôle. « Ne vous inquiétez pas, je l’ai, » dit-il à ses acolytes pendant qu’ils montent sur scène devant des milliers de personnes. Il se retourne vers Phil Harvey et dit, « Est-ce que tu peux me trouver une guitare acoustique ? ».

Personne ne peut remarquer quelque chose comme ils font irruption sur la chanson d’ouverture, Every Teardrop Is A Waterfall. Martin se transforme en mode chanteur, un cocktail de danse exubérante, de sprints à travers la scène et une chute théâtrale sur ses genoux. Il est l’un des chanteurs de rock les plus captivants au monde, naturel à combler le fossé avec le public et la foule. Ils font un faux pas sur l’intro de Yellow, une des chansons qui a été ajouté à la dernière minute, mais la chanson d’Ariana Grande se passe comme sur des roulettes bien que Martin ne l’ait jamais joué à la guitare avant. Le reste du court set est une triomphante libération, en particulier le dansant A Sky Full Of Stars. Ils finissent avec une nouvelle chanson, le jovial Amazing Day.

Ensuite, il y a une enquête dans le dressing room. “Je n’étais pas stressé jusqu’à ce que je marche sur scène et qu’aucun des pianos ne fonctionnaient!” rigole Jonny Buckland. Dans un groupe avec des membres abordables, le guitariste est le plus facile à vivre et vous imaginez que son attitude relax est essentielle pour contrer l’incessante hyperactivité de Martin. Martin a plus d’énergie que la plupart des gens, raconte Buckland, et c’est aussi « l’homme le plus gentil et le plus doux ». Buckland et Champion sont maintenant les seuls membres du groupe à vivre à Londres. Champion se complait dans son rôle de batteur anonyme quand il va chercher ses enfants à l’école. Avec son visage joyeux et son comportement chaleureux, il a un air de sage propriétaire de bar. « Quand de mauvaises choses nous arrivent, » dit-il, « cela se passe de manière épique. »

band escalier

« Quand de mauvaises choses nous arrivent, » dit-il, « cela se passe de manière épique. »

Sur un canapé dans un coin de la loge, Martin est en train d’expliquer le fiasco du piano à Noel Gallagher, qui est en ville pour un mini-break avec son épouse. « Quelqu’un m’a dit, ‘Etes-vous ici pour le concert de Coldplay ?’ » dit l’ex-homme d’Oasis. « J’ai parlé à Chris seulement deux jours plus tôt, il ne me l’a même pas dit ! » Gallagher montre un clavier dans le coin de la loge. « Pourquoi n’as-tu pas simplement utilisé celui-là ? » dit-il. « Noel, tu le sais autant que moi, tu ne peux pas avoir un piano électrique sur scène, tu ne peux pas ! » répond Martin, laissant échapper un secret jalousement gardé précédemment en ce qui concerne les pianos électriques dans la configuration rock des stades. « Très bien, » Gallagher hausse les épaules. Les trois autres membres de Coldplay font leur au revoir, Berryman et Champion retournent au Royaume-Uni ce soir et Buckland dans la matinée. Le chanteur est présent sur la durée. Dans environ une heure, Martin va rejoindre Ed Sheeran sur scène pour un duo sur Thinking Out Loud de ce dernier et va continuer avec de nombreux engagements en tant que directeur créatif.

band global

«Toute rupture est triste, surtout lorsqu’il y a des enfants impliqués. Mais si vous êtes assez chanceux, vous pouvez le transformer en une bénédiction plutôt qu’une guerre » Chris Martin

Une soirée dans le dressing room de Coldplay est un coup d’œil derrière le rideau dans le monde dans lequel ils vivent. Martin se prépare à rejoindre Ed Sheeran et laisse Gallagher régaler la pièce avec des histoires rock’n’roll (« Noel, je ne crois pas que tu devrais raconter cette histoire, je connais la fin, » prévient Martin à un moment. « Je la raconte ! » vient la réponse). Quand il sort, Leonardo DiCaprio entre « Hey, mon pote ! » s’exclame DiCaprio quand il voit Gallagher, en lui serrant la main. Le magicien David Blaine le suit. Gwyneth Paltrow arrive avec les enfants. Martin revient et présente la femme de Gallagher à son fils Moses. « Voici Sara, » dit-il, « elle est mariée avec Noel. Noel…était…dans…Oasis. »

Ensuite, Martin rassemble un troupeau d’enfants, qui semblent s’être multipliés, pour aller regarder Beyoncé. « Nous avons besoin de trouver des casques pour protéger les oreilles, » dit-il à personne en particulier. Il emmène tout le monde vers la fosse devant la scène. Il est non-stop, une boule d’énergie infatigable. Retour dans le dressing room une heure plus tard, il vient me voir. « Je suis désolé, cela a été une journée très chargée, j’espère que tu t’es amusé. » Quelqu’un d’autre lui rappelle la prochaine étape de son programme, « Ok, je dois aller rencontrer le premier ministre norvégien, » dit-il. « Ce sont les préoccupations d’une star de soft-rock… »

Participez au sujet de discussion sur le forum

Dernière modification levendredi, 09 décembre 2016 12:51
Coldplay12

Je m'appelle Lotfi et je suis un fan de Coldplay depuis quasiment le début, The Scientist est mon coup de cœur et Coldplay c'est ma vie.

Je suis le Responsable de Communications et Relations Publiques (ColdplayCorner.com), Administrateur du Forum et Newseur du site, ... et beaucoup d'autres choses.

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Connectez-vous pour commenter